La Fondation des Jeunes Amazones pour le Développement (FJAD), à travers le projet Handi’Women DSSR, a organisé les 22 et 23 août 2025 un atelier de co-création de messages sur les droits en santé sexuelle et reproductive (SSR) et la lutte contre l’auto-stigmatisation des personnes handicapées.

Financé par Speak Up Africa dans le cadre de son programme #VoixEssentiElles, ce projet vise à améliorer l’accès des femmes en situation de handicap aux infrastructures sanitaires pour les services de SSR. L’objectif est de plaider auprès des autorités communales pour l’adaptation des infrastructures (rampes, signalisation adaptée, équipements spécifiques) aux femmes handicapées au Centre de Santé Communal (CSCOM) afin de faciliter l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive. « Nous voulons que les infrastructures de santé deviennent véritablement inclusives et accessibles aux femmes handicapées », a expliqué Ruth Edoh, coordinatrice du projet.
Pour renforcer son plaidoyer, la FJAD s’est associée à l’Observatoire Communal de l’Éducation de Parakou (OCE). Ce dernier milite pour l’adaptation des écoles aux besoins des élèves en situation de handicap. Ensemble, les deux organisations ont porté l’atelier, avec pour ambition commune de promouvoir l’inclusion et le genre dans les secteurs de la santé et de l’éducation à Parakou.
La première journée a été marquée par les mots de bienvenue de la vice-présidente de la FJAD, Fydias Sagbohan, suivis de ceux du président de l’OCE Parakou, Antoine Yaï. L’ouverture officielle a été prononcée par le deuxième adjoint au maire de Parakou, Mr Moustapha Orou-Gankou, qui en même temps est le président du cadre de concertation des personnes en situation de handicap et de troisième âge au niveau de la Mairie de Parakou.
Les travaux ont débuté par une présentation du projet Handi’Women DSSR et des résultats d’une analyse sur le genre et l’inclusion dans le Plan d’aménagement intégré (PAI) de la commune. Ruth Edoh a également partagé les conclusions d’une enquête sur les défis rencontrés par les femmes handicapées dans l’accès aux services de SSR, ainsi que sur les limites du système éducatif. « Les obstacles ne sont pas seulement physiques, ils sont aussi liés aux stéréotypes et à l’absence d’adaptations concrètes », a-t-elle rappelé.
Dans un esprit participatif, les participants parmi lesquels des représentants de la Mairie de Parakou, du GUPS, de la DDS, du CPAHPA, d’OSC, de médias et du Collectif des artisans et bien d’autres ont travaillé en groupes pour formuler des recommandations. Ces propositions sont ensuite discutées en plénière pour enrichir la note de plaidoyer.
La seconde journée a rassemblé des personnes en situation de handicap, des leaders communautaires et des organisations de la société civile. Ensemble, ils ont co-créé des messages de sensibilisation contre l’auto-stigmatisation et en faveur des droits sexuels et reproductifs. « Ces messages sont conçus pour être diffusés à travers une campagne médiatique afin de briser les préjugés et encourager un changement de comportement », a souligné la coordinatrice du projet.
Animée par la facilitatrice Alexia Hountondji, la session a permis de mobiliser l’intelligence collective et surtout l’expérience vécue des bénéficiaires. Les messages formulés serviront de base à la production de visuels, de spots radios et de vidéos destinés au grand public. « La lutte contre l’auto-stigmatisation commence par la parole des personnes concernées elles-mêmes », dixit la vice -présidente de la FJAD pour conclure l’atelier.
Un engagement collectif a été pris par chaque partie pour accompagner le projet à travers une signature sur le mur d’engagement.